Le Slam aura-il de nouveau le vent en poupe, en Guadeloupe ?
La pratique de cet art, dans lequel verve et partage sont les maîtres mots, avait explosé localement entre 2005 et 2006, lorsque Laurence Maquiaba avait impulsé le mouvement ; cela lui avait valu le surnom de « Maman du slam ».
Dès lors, les scènes slam s'étaient multipliées.
Une nouvelle activité était parallèlement née, puisque certains organisaient des ateliers d'écriture et d'expression. Des artistes, qui s'illustraient avec brio dans cette discipline, en était devenus les ambassadeurs, comme Timalo (photo), dont l'album « Pawol Funk Kè » est sorti en 2008.
Et puis plus rien.
Le mouvement s'était subitement essoufflé.
Le fait est que beaucoup de talentueux slameurs guadeloupéens ont continué à travailler, mais plus confidentiellement.
Au début de ce mois de mars, certains sont revenus sous le feu des projecteurs, dans le cadre de « Slam'Arts 2 », manifestation à l'initiative du Centre des arts et l'association Slamblag et à laquelle Laurence Maquiaba a activement participé.
Plusieurs rendez-vous ont été programmés, en présence d'un invité de marque : Grand Corps Malade.
La figure de proue du slam en France, en plus de raviver la flamme, a réussi à toucher un plus large public que celui qui participait habituellement aux évènements organisés localement.
Grand Corps Malade a participé à des ateliers et master-class de slam à l'UAG et dans des établissements scolaires, mais aussi au Grand tournoi annuel, en tant que jury.
Le samedi 6 mars, à la salle Laura Flessel de Petit-Bourg, les spectateurs, de toutes les générations, sont venus très nombreux à son concert. Ils en sont partis ravis et conquis.
Preuve a notamment été donnée à cette occasion que le slam local était de qualité : les meilleurs de la discipline ont brillamment assuré la première partie du concert.
Grand Corps Malade a également accueilli sur scène une jeune collégienne de Petit-Bourg, rencontrée la veille : la jeune Nina, après avoir déclamé, a été ovationnée.
Rendez-vous
Ce jeudi 18 mars, Stéphanie Melyon-Reinette, alias Nèfta, se produira à l'amphithéâtre Mérault du Campus de Fouillole, à partir de 18h.
Dans le cadre du « Temps des poètes, Couleur femme », l'écrivain-slameuse présentera son recueil de poésie « Les Bleus de l'existence », accompagnée de la chanteuse Florence Naprix et du percussionniste Stéphane Nabajoth.
Leur prestation, baptisée « l'encas slamique », ou « N'Ka SLAMik » sera une mise en scène des textes du recueil ... le public n'aura plus qu'à déguster !
En première partie, des slameurs étudiants, personnel de l'UAG et autres artistes amateurs déclameront leurs textes.
Cette manifestation est proposée par la Bibliothèque universitaire et la Commission culture du Pôle universitaire Guadeloupe, en partenariat avec la Ville de Pointe-à-Pitre et le CROUS.