Au lendemain des élections régionales et de la victoire de Victorin Lurel, l'heure est au bilan au sein de la droite Guadeloupéenne ; une étape indispensable avant la remise sur rails de ce camp politique.
Blaise Aldo, tête de la liste « Ensemble pour la Guadeloupe », aura attendu plusieurs heures après la proclamation des résultats pour s'exprimer publiquement. Une conférence de presse a finalement été organisée, lundi 15 mars, dans l'après-midi.
Après avoir félicité le président sortant de la Région, le maire de Sainte-Anne est revenu sur la campagne électorale, mais aussi sur les évènements survenus en amont, au sein de sa famille politique, qui contribuent à expliquer le faible résultat obtenu dimanche.
La droite locale a offert aux électeurs un visage peu approprié, à la veille d'un scrutin : celui de la division. Pour exemple, celle qui a créé la section locale de l'UMP, Gabrielle Louis-Carabin, s'est retrouvée deuxième sur la liste investie par le PS. Par ailleurs, on a pu voir l'actuel président de l'UMP Guadeloupe, Philippe Chaulet, militer en faveur de la liste de Victorin Lurel, lors des meetings de campagne.
Aldo Blaise, qui n'a été désigné pour conduire sa liste que le 28 janvier, estime que malgré tout, sa liste s'en est dignement sortie.
Pourtant, le leader choisi par les instances nationales de la majorité présidentielle a obtenu moins de suffrages à Sainte-Anne, que la liste « Tous pour la Guadeloupe » (26,36% contre 54,03%) ; même scénario à Basse-Terre, Capesterre ou encore à Saint-François, où les maires de droite ont été battus sur leurs terres.
Seul Louis Molinié, secrétaire fédéral de l'UMP, qui a su mobiliser son électorat et faire de Terre-de-Haut l'unique commune de Guadeloupe où l'on a majoritairement voté à droite (55%).
Autre explication de la déconvenue de la droite : nombre de ses électeurs se seraient tournés vers la liste PS.
Dans un communiqué, Jean-Marie Nomertin, tête de liste « Combat Ouvrier », considère qu'à la suite de la grève générale du début d'année 2009, Victorin Lurel s'est adressé directement aux « gens de droite (...), aux conservateurs, aux Bourgeois effrayés par les évènements sociaux ». Le secrétaire national du PS à l'Outre-mer Axel Urgin, parle quant à lui, à propos de la campagne menée par le sortant, d'un « front républicain, anti-autonomiste, antiviolences, anti-Domota, anti-LKP ». Blaise Aldo admet d'ailleurs n'avoir pas su « rassurer ses adhérents et sympathisants ».
Pour demain, la maire de Sainte-Anne entend impulser une nouvelle dynamique, en particulier en motivant la nouvelle génération à s'impliquer dans la construction de « l'après Michaux-Chevry ».
L'avenir dira si la ministre chargée de l'Outre-mer, trouvera de l'intérêt aux affaires locales et s'impliquera dans le parti rénové. Marie-Luce Penchard, deuxième sur la liste de la majorité présidentielle, ne s'est pas exprimée au lendemain de sa défaite aux élections et est repartie pour Paris lundi après-midi.
Modeste résultat
Dimanche 14 mars, la liste de la majorité présidentielle conduite par Blaise Aldo est arrivée en deuxième position, avec 19 405 voix, soit 14,01% des suffrages exprimés ; elle est à plus de 42 points de la liste de Victorin Lurel.
L'UMP n'a ainsi obtenu que 4 sièges sur les 41 du Conseil Régional de la Guadeloupe. C'est peu, pour espérer se faire entendre et faire passer ses idées, face à l'équipe de Victorin Lurel qui en compte 31.
En 2004, la liste « Agir » de Lucette Michaux-Chevry avait obtenu 12 sièges. Victorin Lurel en totalisait 29.
(Photo : Gilles Morel)